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Votre débiteur est en redressement ou en liquidation judiciaire : la déclaration de créance

Vous apprenez que votre débiteur est placé en redressement ou en liquidation judiciaire. Les poursuites sont arrêtées, les saisies suspendues, et le seul moyen de faire valoir votre créance devient la déclaration de créance, enfermée dans un délai de deux mois. Le cabinet prend en charge cette déclaration, son suivi jusqu’à la vérification du passif et les leviers qui subsistent : réserve de propriété, cautions, créances postérieures.

Lecture d'un dossier de créance

Sommaire

L’arrêt des poursuites individuelles

Le jugement qui ouvre une sauvegarde, un redressement ou une liquidation judiciaire interrompt ou interdit toute action en justice tendant à la condamnation du débiteur au paiement d’une somme d’argent ou à la résolution d’un contrat pour défaut de paiement, pour les créances nées avant ce jugement. Il arrête toute procédure d’exécution (article L. 622-21 du code de commerce, applicable au redressement par l’article L. 631-14 et à la liquidation par l’article L. 641-3).

Plus d’assignation, plus de saisie, plus de mise en demeure utile : la créance antérieure ne peut plus être réclamée que dans le cadre de la procédure collective. Les instances en cours sont interrompues jusqu’à ce que le créancier ait déclaré sa créance ; elles reprennent alors, mais seulement pour constater la créance et en fixer le montant (article L. 622-22).

Le délai : deux mois à compter de la publication au BODACC

Tout créancier dont la créance est née avant le jugement d’ouverture adresse sa déclaration au mandataire judiciaire, ou au liquidateur, dans les deux mois de la publication du jugement au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (articles L. 622-24 et R. 622-24 du code de commerce). Le délai est augmenté de deux mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.

Le créancier titulaire d’une sûreté publiée ou d’un contrat publié est averti personnellement par le mandataire, et le délai court alors de cette notification. Les autres ne reçoivent aucun avis : le point de départ est la publication, que le créancier en ait ou non connaissance. C’est pourquoi le cabinet surveille le BODACC pour les débiteurs de ses clients en cours de recouvrement.

Qui déclare, et quoi

La déclaration peut être faite par le créancier lui-même ou par tout préposé ou mandataire de son choix, avocat notamment ; une déclaration faite par un tiers sans pouvoir peut être ratifiée jusqu’à la décision du juge-commissaire (article L. 622-24). La créance est déclarée même si elle n’est pas établie par un titre, sur évaluation si son montant n’est pas encore fixé.

La déclaration indique le montant de la créance due au jour du jugement d’ouverture, avec les sommes à échoir et leurs dates d’échéance, la nature du privilège ou de la sûreté dont elle est assortie, les modalités de calcul des intérêts dont le cours n’est pas arrêté, et elle est accompagnée des pièces justificatives (article L. 622-25). Une déclaration incomplète ou imprécise expose à une contestation lors de la vérification du passif, et donc à un rejet partiel.

La sanction et le relevé de forclusion

La créance non déclarée dans le délai est inopposable à la procédure : le créancier ne participe ni aux répartitions ni aux dividendes du plan, et il ne peut plus agir contre le débiteur pendant l’exécution du plan (article L. 622-26).

Le créancier forclos peut demander au juge-commissaire à être relevé de sa forclusion s’il établit que sa défaillance n’est pas due à son fait ou qu’elle est due à une omission du débiteur lors de l’établissement de la liste de ses créanciers. L’action doit être exercée dans les six mois de la publication du jugement d’ouverture. La mention de la créance par le débiteur sur la liste remise au mandataire vaut déclaration pour le compte du créancier, mais il est imprudent de s’en remettre à cette présomption.

La vérification du passif et les contestations

Le mandataire judiciaire vérifie les créances déclarées avec le débiteur et propose leur admission, leur rejet ou un renvoi devant la juridiction compétente. En cas de contestation, le créancier est informé par le mandataire et dispose d’un délai de trente jours pour répondre, faute de quoi il ne peut plus contester la proposition du mandataire. Le juge-commissaire statue ensuite. Le cabinet assure ce suivi, qui conditionne le montant finalement admis et la part du créancier dans les répartitions.

Les leviers qui subsistent

La clause de réserve de propriété. Le vendeur qui a stipulé cette clause peut revendiquer les marchandises encore en nature dans le patrimoine du débiteur, dans les trois mois de la publication du jugement d’ouverture (articles L. 624-9 et L. 624-16 du code de commerce). Cette action est distincte de la déclaration de créance et doit être exercée en parallèle.

Les cautions et coobligés. Le dirigeant ou le tiers qui s’est porté caution reste tenu, sous réserve des règles protectrices applicables aux personnes physiques en sauvegarde et pendant l’exécution du plan. Le cabinet examine les engagements souscrits et engage les poursuites lorsque la procédure le permet.

Les créances postérieures. Les créances nées régulièrement après le jugement d’ouverture, pour les besoins du déroulement de la procédure ou de l’activité, sont payées à leur échéance et, à défaut, bénéficient d’un privilège (article L. 622-17). Le fournisseur qui continue à livrer un débiteur en redressement doit s’assurer que ses nouvelles factures relèvent de ce régime.

L’intervention du cabinet

Le cabinet rédige et adresse la déclaration de créance dans le délai, avec un décompte et des pièces qui résistent à la vérification ; il exerce la revendication lorsqu’une clause de réserve de propriété a été stipulée ; il suit la procédure jusqu’à la vérification des créances, l’adoption du plan ou les répartitions de la liquidation ; il poursuit les cautions. Devis sur demande, en fonction du dossier.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon débiteur est en procédure collective ?

Le jugement d’ouverture est publié au BODACC et mentionné sur l’extrait Kbis. Les sites officiels d’annonces légales permettent une recherche par dénomination ou numéro SIREN. Le cabinet effectue cette vérification avant toute procédure de recouvrement.

Que se passe-t-il si je déclare ma créance en retard ?

Elle est inopposable à la procédure. Un relevé de forclusion peut être demandé au juge-commissaire dans les six mois de la publication du jugement, à condition d’établir que le retard n’est pas dû à votre fait ou qu’il résulte d’une omission du débiteur.

Ma créance déclarée sera-t-elle payée ?

Cela dépend de l’actif disponible et du rang des créances. En liquidation, les créanciers chirographaires sont souvent peu ou pas désintéressés ; d’où l’intérêt des garanties prises en amont et de la saisie conservatoire pratiquée avant l’ouverture de la procédure.

Puis-je poursuivre la caution du dirigeant ?

Oui dans la plupart des cas, sous réserve des règles protectrices applicables aux cautions personnes physiques en sauvegarde et pendant l’exécution du plan. L’engagement de caution est examiné au cas par cas.

Un impayé à recouvrer à Nice ?

Le cabinet de Maître Guillaume GARCIA, avocat au Barreau de Nice, examine votre dossier et vous propose la stratégie adaptée. Devis sur demande, en fonction du dossier.

Voir aussi : Recouvrement de créances et factures impayées ; La saisie conservatoire ; L’assignation en paiement ; Loyers impayés.

Présentation générale et résumée du droit applicable, qui ne constitue pas une consultation.

Nos interventions à Nice et dans les Alpes-Maritimes